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Les ampoules « basse consommation » ... et ... l’environnement...
par Erik Laurent Les ampoules qualifiées de « basse consommation » envahiront nos magasins habituels au point d’occuper, courant 2009, les trois quarts des rayons, à coté de nos « bonnes vieilles » ampoules à filament. Même si ces dernières sont encore présentes, leur vente sera totalement interdite graduellement en fonction de leur puissance d’ici 2012. Cette évolution découle d’une convention dans le cadre du Grenelle de l’environnement, entre le gouvernement et la quasi-totalité des grand magasins de bricolage, hypermarchés et supermarchés. Par ailleurs la Commission Européenne a établi un calendrier prévisionnel d'interdiction progressive des ampoules énergivores.
Des économies d'énergie... des économies pour le porte-monnaie... La comparaison des deux modes d'éclairage est éloquente.
Eclairage traditionnel
Prenons l’exemple classique d’un foyer en hiver, estimons que l’éclairage soit assuré environ une heure le matin et quatre heures le soir, par cinq ampoules de cent W (watts,) pour une famille moyenne. L’énergie consommée chaque jour par une ampoule correspond à 500 Wh (wattheure,) soit 0,5 kWh (kilowattheure). Le kWh étant facturé à 8,03 centimes, hors taxe, cela fait 0,5 x 5 x 8,03 = 20 centimes par jour, hors taxe. Sur la facture, pour deux mois, soit 61 jours, cela fait une somme de 1224 centimes soit 12,24 euros, hors taxe. Les taxes étant difficiles à évaluer car réparties sur l’abonnement et la consommation avec des pourcentages divers, on peut les estimer à environ 18%. La facture finale est estimée à 14,44 euros pour deux mois d'éclairage.
Eclairage basse consommation Cependant, pour une ampoule annoncée de 100 W de puissance il faut savoir que ces 100 W représentent la puissance électrique consommée . Quant à la puissance lumineuse qui est émise sous forme de lumière rayonnante visible elle n’est que d’environ 7 W le reste est dissipé par le filament en rayonnement infrarouge invisible, et transmis sous forme thermique à l'air, par le culot et le verre de l'ampoule.
Une ampoule « basse consommation », si elle émet autant de puissance lumineuse c'est-à-dire 7 W sous forme de rayonnement visible, ne consomme en revanche que 15 W en puissance électrique. Pour le même éclairage, la consommation d'énergie est divisée par 6 quand on utilise une ampoule basse énergie.
Le même calcul que précédemment donne une facture de 2,17 euros seulement.
Sur le plan économique, l’acquisition d'ampoules « basse consommation », certes beaucoup plus chères à l’achat, est une mesure très vite amortie et qui diminue sensiblement la consommation d'énergie du poste "éclairage".
Des soucis côté rayonnements radioélectriques... Les rayonnements radioélectriques émis par les ampoules basses consommation sont liés aux constituants présents dans les culots des ampoules.Il convient d'être prudent dans l'utilisation de ce type d'ampoules dans des usages de grande proximité comme les lampes de chevet ou de bureau, comme en attestent les mesures de rayonnements qui ont pu être réalisées : une distance critique de 80 cm par rapport à la personne peut être dégagée.
Voir Univers Nature
Des soucis côté déchets... Qu’en est il de la fin de vie du produit ? La question demande une discipline irréprochable de la part de consommateurs "avertis". En effet nos « bonnes vieilles » ampoules à filament n’étaient constituées que de métal et de verre, non recyclables, mais peu polluants par ailleurs, elles pouvaient finir leur vie dans la poubelle. Fonctionnement des ampoules « basse consommation » ...
Il est surprenant de constater qu'elles existent depuis bien longtemps, dans les tubes que l’on appelle couramment et improprement des néons, ces longs tubes que l’on voit dans la plupart des lieux publics ou dans les bureaux et les garages des maisons. Simplement de gros efforts effectués en recherche sur les technologies ont permis de les faire évoluer sur bien des points.
Ce sont des lampes fluorescentes à décharge; pour faire simple, un arc électrique est produit entre deux électrodes, dans un gaz composé de vapeur de mercure. Les atomes de mercure émettent alors une lumière à 90 % dans l’ultraviolet, radiations qui n’excitent pas les cellules réceptrices de l’oeil humain, donc invisibles pour l'oeil . Les radiations ultraviolettes sont transformées en lumière visible par l’intermédiaire d’une poudre fluorescente déposée sur les parois du tube qui entoure l'ampoule. La poudre fluorescente qui absorbe les radiations ultraviolettes émet elle même des radiations de longueurs d'onde supérieures, visibles. En modifiant la nature des poudres on peut multiplier à l’infini les couleurs souhaitées, c’est un avantage remarquable des lampes fluorescentes. Les progrès effectués ont permis de réduire la taille des tubes, de les recourber sur eux mêmes, ensuite la quantité de mercure introduite a été extrêmement diminuée.
Une récupération et un recyclage obligés... Ces ampoules doivent absolument être récupérées et recyclées pour les raisons suivantes : - Le mercure est une substance dangereuse, cependant s’il arrive que vous cassiez une lampe il est inutile d’espérer le récupérer, aérez simplement le local pendant quelques minutes et ramassez les morceaux un peu plus tard.
- Les poudres déposées sur les parois sont constituées d’éléments aussi divers que zinc, tungstène, magnésium, fluor, silicate, phosphate, fluogermanate qu’il ne fait pas bon relâcher dans l’environnement...
Mais l’inventaire des raisons ne s’arrête pas là, le gaz traversé par l’arc électrique a une résistance électrique extrêmement élevée quand il est éteint, mais cette résistance devient quasiment nulle une fois que le gaz est allumé, par conséquent le système d’allumage et d’entretien du courant électrique doit quasiment être « intelligent ». Une lampe basse consommation doit donc être équipée d’un dispositif électronique compliqué que vous n’avez certainement par manqué de remarquer au vu de la taille imposante des culots de ces lampes. Pourquoi n’y a-t-il pas cela sur les vieux tubes ? Parce que le dispositif est séparé, et c’est le cas pour toutes les lampes basse consommation destinées à l’industrie et aux entreprises. Pour le grand public c’est différent, en effet, il a fallu faire en sorte que ces lampes s’adaptent aux supports existants, sous peine de ne pas se vendre, et c’est ainsi que l’on peut remplacer une « bonne vieille » ampoule à filament par une « basse consommation » sans devoir y adjoindre un boîtier supplémentaire qui aurait rebuté plus d’un consommateur. - Les composants électriques et électroniques contenus dans le culot des lampes « basse consommation » doivent impérativement être récupérés et recyclés.
- Pour vous faire une idée de la composition des ballasts, clic ici
Le recyclage de tous les composants est assuré par l’entreprise Recylum, les points de dépôt sont détaillés sur leur site, à l'adresse http://www.recylum.com
Lisibilité des caractéristiques des ampoules...
L’évolution technologique de ces lampes est devenue visible sur leur culot par les valeurs que l’on peut y lire. Alors qu’une lampe à filament arbore une puissance qui donne juste une idée de l’intensité de l’éclairement qu’elle fournit, les lampes « basse consommation » doivent présenter une valeur de température de couleur qui permet de savoir si l’éclairage est qualifié de chaud (en dessous de 3300K, la lumière émise est riche en radiations rouges, d'où des teintes "chaudes") froid (au dessus de 5300K, la lumière émise est riche en radiations bleues, d'où des teintes "froides"), ou intermédiaire entre ces deux valeurs, il est relatif à l’ambiance de l’éclairage. Le culot peut aussi présenter un coefficient de rendu de couleur IRC qui va de 50 à 100. Un indice inférieur à 50 étant très médiocre, comme par exemple pour les anciennes ampoules à vapeur de sodium qui transforment les couleurs quand on passe sous les tunnels ; un indice supérieur à 80 étant excellent est réclamé par exemple dans les musées.
En conclusion, suivons le progrès, mais soyons responsables : rapportons nos lampes dans les points de récupération, ce sera bon pour notre pouvoir d’achat, pour l’environnement et pour la consommation d’énergie en général.
Des enseignes plus ou moins dynamiques...
Des enseignes dynamiques s'engagent pour la récupération et la promotion des ampoules économes.
Etablissements récupérant les ampoules basses consommation dans le Montreuillois
Leclerc à Attin
Attac, Godin, Weldom à Etaples Leroy-Merlin à Merlimont.
Pour en savoir plus au niveau national , voir l'enquête de GreenPeace :

Quelques éléments du glossaire : Eco-Contribution : Montant versé par les producteurs de lampes à Récylum pour chacune des lampes qu’ils mettent sur le marché français. L’Eco-Contribution qui est obligatoirement répercutée jusqu’à l’utilisateur final, sans prise de marge ni remise, sert exclusivement à financer la filière d’élimination des lampes usagées en France métropolitaine et dans les DOM. Chaque lampe mise sur le marché français avant le 31 décembre 2007 supporte une Eco-Contribution de 0,25 € HT. Les lampes mises sur le marché français depuis le 1er janvier 2008 supportent chacune une Eco-Contribution de 0,20 € HT. Rappel : la mise sur le marché d’une lampe correspond à sa livraison par le producteur à son premier client (grossiste, détaillant ou utilisateur final suivant le cas).
EEE : Equipements Electriques et Electroniques. On entend par équipements électriques et électroniques, les équipements fonctionnant grâce à des courants électriques ou à des champs électromagnétiques, ainsi que les équipements de production, de transfert et de mesure de ces courants et champs, conçus pour être utilisés à une tension ne dépassant pas 1 000 volts en courant alternatif et 1 500 volts en courant continu.
IRC : indice de rendu de couleur désigne par un nombre l'aptitude d'une lampe à nous faire percevoir les couleurs. La valeur maximale d'IRC est 100, c'est celle de la lumière du jour. Les ampoules à incandescence et halogènes ont un IRC supérieur à 90. En revanche, les tubes lumineux et les lampes fluocompactes ont un IRC qui dépend de la composition de la poudre fluorescente qui tapisse leur verre. L'IRC est souvent indiqué sur les lampes à l'aide d'un code de trois chiffres qui combine l'IRC et la température de couleur. Seul le premier chiffre concerne l'IRC. Lampes à décharge : Source lumineuse constituée d’un tube en verre rempli d’un gaz, anciennement du néon aujourd'hui de l’argon, qui s’illumine à basse pression sous l’effet d’une tension électrique entre deux électrodes. Afin d’augmenter la luminosité ou d’en nuancer la couleur, le gaz est mélangé à de la vapeur de mercure ou du phosphore. Les lampes à décharge doivent fonctionner à l’aide d’un ballast placé sur leur circuit électrique, cela permet de contrôler le courant de la lampe. Mercure : Le mercure est un métal, liquide à température ambiante, classé dangereux pour l'environnement. Le mercure est naturellement présent dans l'eau, l'air ou le sol ; on peut le trouver sous forme métallique, sous forme de sels ou dans des composés organiques. Les lampes à décharge contiennent une très faible quantité de mercure. Il n'existe actuellement aucun substitut du mercure qui donnerait une efficacité lumineuse et une qualité de lumière équivalentes. Cependant, les fabricants n'ont cessé au cours des 20 dernières années de diminuer le contenu en mercure des lampes à décharge (aujourd'hui quelques milligrammes par lampe). La casse de quelques lampes dans une pièce normalement ventilée ne présente aucun risque significatif pour la santé. Les différentes activités de combustion (en centre de traitement ou centrale créant de l'éléctricité) libèrent du mercure dans l'atmosphère; au final, grâce à leur faible consommation énergétique, les lampes à économie d'énergie permettent une réduction du mercure ainsi généré compensant largement celui intégré dans leur fabrication.
Substance dangereuse : Dans le cas des lampes à décharge, la présence de mercure (substance dangereuse) même en très faible quantité (moins de 0,005g/Lampe en moyenne) implique la dénomination de déchet dangereux.
Température de couleur : température effective ou "virtuelle" d'une source de lumière déterminée à partir de sa couleur. Elle se mesure en kelvins ou K. La couleur d'une source lumineuse est comparée à celle d'un corps noir théorique chauffé entre 2 000 et 10 000 K, qui aurait dans le domaine de la lumière visible un spectre d'émission similaire à la couleur considérée.
Valorisation : Il existe deux types de valorisation : - La valorisation matière par recyclage des matières qui composent les DEEE, - La valorisation énergétique par récupération de la chaleur émise lors de la combustion des DEEE. Elle peut être en boucle fermée (valorisation des DEEE dans la filière de fabrication des EEE) ou en boucle ouverte (valorisation des DEEE dans des filières de fabrication d’autres produits).
Date de création : 20/12/2008 @ 11:38
Dernière modification : 17/12/2009 @ 16:37
Catégorie : Réduire son empreinte : côté déchets
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